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Alexander Kluge à Paris

AU GOETHE-INSTITUT PARIS

Jeudi 21 OCTOBRE 2010, 19H

HEINER MÜLLER UND DIE POETISCHE KRAFT DER THEORIE / La Force poétique de la théorie, 73′

Le programme reprend des conversations intenses avec Heiner Müller, et des films sur la force poétique de la théorie : Le monde n’est pas mauvais mais il est plein, La science joyeuse de Nietzsche, entre autres

Jeudi 21 OCTOBRE, 21H

Lecture avec extraits filmiques : L’Europe et la rivalité surmontée de Marianne et Germania

La lecture se concentrera sur le rapport franco-allemand : instantanés sur la relation entre deux rivaux qui ont trouvé entre-temps leur terrain d’entente dans un mariage français.

A BEAUBOURG / CYCLE ALEXANDER KLUGE

22 OCTOBRE, 20H, CINÉMA 2

Confession / Pour moi, le cinéma est immortel et plus vieux que la cinématographie

« Pour ce qui est du cinéma, je suis un partisan de Godard. J’ai fait un stage chez Fritz Lang. Pour ce qui est de la littérature, je suis un disciple de T.W. Adorno, et amoureux des textes laconiques de Montaigne et de Tacite. Je pense que les LIVRES et la MUSIQUE contribuent aux « images animées » : les visibles et les invisibles.

Je suis persuadé que seules la « méthode rabelaisienne » et l’émancipation de la contrainte imposée par le sens peuvent vraiment assouvir la « faim de sens ». (Sans non-sens, pas de langue, sans sens, pas d’émancipation.) Par ailleurs, on dit que sans musique, la vie serait une erreur. Ce sont des pays très différents et je suis patriote dans chacun d’eux.

Comme patriote, je suis obstiné. Les médias se transforment, les sentiments humains très peu. Ils sont indolents, à leur avantage, à leur désavantage. Aujourd’hui nous voyons chanceler l’empire de la télévision, qui a assujetti pour un temps le royaume du cinéma. Depuis peu, je vois comment les acquis et les idoles des débuts du cinéma nous reviennent du futur. Extérieurement : les films minute de 1902 réapparaissent sur YouTube. Substantiellement : grâce aux DVD, les fondements et l’univers de formes radical de l’avant-garde sont à nouveau possibles. En outre, les espaces publics classiques reviennent, ressourcés chaque année, du moins dans les grands festivals internationaux, dans les musées et dans les livres inaltérables.

Ce ne sont pas de vains mots : on peut lutter PAR TOUS LES MOYENS pour la sauvegarde du cinéma. Car le cinéma est aussi vieux que la lumière du soleil et plus vieux que la cinématographie. » Alexander Kluge

En 1929, Serguei Eisenstein avait prévu, avec James Joyce, d’adapter cinématographiquement Le Capital de Karl Marx. Quatre-vingts ans plus tard, Alexander Kluge présente sa version filmique sur l’œuvre maîtresse du philosophe allemand. La version de 83 minutes est tirée de l’œuvre initiale de dix heures de Kluge Das Kapital – Nachrichten aus der ideologischen Antike. Il reprend des notes d’Eisenstein, des textes originaux de Marx, un commentaire de l’écrivain H. M. Enzensberger sur la crise de 1929 ainsi qu’un texte sur le fétichisme de la marchandise chez Marx, auquel le réalisateur Tom Tykwer a consacré une miniature cinématographique Der Mensch im Ding.

2008, 83’

En collaboration avec le Goethe-Institut Paris

23 OCTOBRE, 17H, CINÉMA 2

Der Eiffelturm est l’un des premiers films qu’Alexander Kluge a réalisé pour la « Fernsehen der Autoren » (Télévision des auteurs), un programme culturel qu’il produit sur une chaîne privée allemande.

Die sanfte Schminke des Lichts sont huit films-minute tournés en 65 mm pour le festival de Venise, avec Michael Ballhaus à la caméra. Ces films d’une minute sont un hommage aux tout débuts de l’histoire du cinéma en même temps qu’un commentaire de youtube.

Der Zauber der verdunkelten Seele est un film encore inédit, projeté pour la première fois ce soir.

Extraits de « Seen sind für Fische Inseln », titre qui rassemble les travaux d’Alexander Kluge de 1988-2009, au total 30 h de projection

1ère partie : Der Eiffelturm, King Kong und die weiße Frau/La Tour Eiffel, King Kong et la femme blanche, 23 min. 28

2e partie : Die sanfte Schminke des Lichts/Le fard blanc de la lumière, env. 10′

3e partie : Der Zauber der verdunkelten Seele (Lido 5)/La magie de l’âme occultée, 51 min. 35

Durée totale : 85’

23 OCTOBRE, 20H, CINÉMA 2

Suite du programme présenté initialement au festival de Venise. Avec Dans l’ivresse du travail ; Marché de protestation des 300 000 ; Une femme comme un volcan…

Mein Jahrhundert, mein Tier / Mon siècle, mon animal, 2009, 87’

24 OCTOBRE, 14H, CINÉMA 2

Thomas Demand, photographe et documentariste de l’univers des médias, a pris pour thème de son exposition « Nationalgalerie » les événements sociaux, historiques et politiques qui se sont déroulés en Allemagne depuis 1945. Cette exposition qui a eu lieu à Berlin de septembre 2009 à juin 2010 a coïncidé avec deux anniversaires emblématiques de l’histoire allemande : la création de la République fédérale d’Allemagne (23 mai 1949) et la chute du Mur (9 novembre 1989).

Projection suivie de lectures : Alexander Kluge lira des extraits de son dernier livre, Das Labyrinth der zärtlichen Kraft / 166 Liebesgeschichten (Éditions Suhrkamp), en compagnie du traducteur Pierre Deshusses et de l’interprète Gabriele Wennemer.

11 films en hommage au projet de Thomas Demand, Nationalgalerie, 2010, 31’

24 OCTOBRE, 17H, CINÉMA 2

L’amour construit ses jardins et ses nids grâce à la force poétique, à l’aide de livres, de films et de musique.

Nachrichten vom Tausendfüssler. Über das Labyrinth der Liebe / Des nouvelles du mille-pattes, 2009, 100’ / Première mondiale

24 OCTOBRE, 20H, CINÉMA 2

Lorsqu’un système comme celui de la finance menace de s’effondrer, la confiance est ébranlée. La conséquence est toujours la même : une nouvelle confiance voit le jour. Au besoin, à travers une redistribution des attentes. Quelque chose de nouveau et de productif peut naître des crises. Plus fréquemment, quelque chose de destructeur, un ressentiment, une nouvelle exclusion ou la poursuite de la pratique initiale. À quoi ou à qui peut-on se fier dans une telle situation ? La réponse semble simple : à nous-mêmes. Mais que signifie soi-même ? On doit revenir à l’intelligence des contes pour reproduire la façon dont les êtres réagissent au milieu des difficultés.

Früchte des Vertrauens. Finanzkrise, Adam Smith ; Keynes und wir selbst : worauf kann man sich verlassen ? / Les fruits de la confiance, 2009, 110’

Goethe-Institut Paris

17, avenue d’Iéna 75106 Paris / M° Iéna

Programme

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