Jean Benoît - Mimi Parent, un couple surréaliste à l’espace BERGGRUEN
Jusqu’au 04 juillet 2009. A voir absolument !
Jusqu’au 20 juin 2009, l’exposition « Jean Benoit - Mimi Parent » à l’Espace Berggruen retrace le parcours d’un couple totalement immergé dans le milieu des artistes surréalistes. Conjuguant mort, amour et humour, les 80 œuvres réunies pour cette occasion unique témoignent des grandes heures de ce mouvement qui a traversé le XXème siècle (…)
Dès leur entrée fulgurante dans le sillage d’André Breton en 1959, Jean Benoît et Mimi Parent participent activement aux manifestations collectives qui agitent ce groupe d’artistes pluridisciplinaires. De l’Exécution du Testament du Marquis de Sade par Jean Benoît aux tableaux-objets de Mimi Parent, l’exposition à l’Espace Berggruen rend compte de l’itinéraire d’un couple impliqué dans le surréalisme au point de lui être toujours resté fidèle.
L’Espace Berggruen / 68-70 rue de l’Université - 75007 Paris
Sade et Lautréamont au panthéon de Jean Benoît
« Tout est bon quand il est excessif », écrivait le Marquis de Sade. Sans doute Jean Benoît a-t-il ces mots en tête lorsqu’il met en scène l’Exécution du Testament du Marquis de Sade, chez la poète Joyce Mansour le 2 décembre 1959, soit quelques jours avant l’ouverture de la VIIIe Exposition inteRnatiOnale du Surréalisme (E.R.O.S.). Là, Jean Benoît se dévêt rituellement d’un costume d’une grande complexité symbolique avant de s’imprimer au fer rouge les lettres SADE au-dessus du cœur. Les articles de l’époque relatent cette « manifestation qui n’a sans doute jamais eu son équivalent nulle part. », comme l’écrit alors Alain Jouffroy dans l’hebdomadaire Arts (décembre 59). Ce happening avant l’heure illustre la fascination que Sade n’a cessé d’exercer sur Jean Benoît et sur les surréalistes.
Une autre influence littéraire majeure émaille l’œuvre de Jean Benoît : celle de Lautréamont et de ses Chants de Maldoror. Cousu dans des gants de femmes en cuir, l’impressionnant Bouledogue de Maldoror de Benoît garde férocement l’Espace Berggruen.
Les mises en boîtes surréalistes de Mimi Parent
Mimi Parent puise quant à elle son inspiration dans sa vie quotidienne, ses voyages et ses souvenirs d’enfance. Marqué par les écrits de Lewis Carroll, Alfred Jarry, Achim von Arnim - considérés par André Breton comme les ancêtres du surréalisme, son univers recrée un monde à la frontière entre rêve et cauchemar.
À la fin des années soixante, les oeuvres en deux dimensions deviennent progressivement des tableaux-objets, où la troisième dimension occupe une place prépondérante. Mimi Parent transforme, rassemble, construit, met en scène, met en boîte et scelle hermétiquement divers objets achetés au marché aux puces, conviant ainsi le spectateur à une trajectoire de rêve. « C’est déjà une façon de vous mettre en garde : les boîtes de Mimi Parent ne sont pas des mondes à prendre ou à laisser comme les jouets qu’on nous offrait. Ce sont des tableaux de proie et il n’en est pas un qui ne retienne en otage une part de nous-mêmes », commente Annie Le Brun, biographe et amie. Ces scènes oniriques figées dans des boîtes ne sont pas sans rappeler nos écrans de télévision ou l’univers étrange des films de David Lynch. Preuve que le surréalisme n’a pas fini d’influencer des générations d’artistes.
Autre boîte remarquable : La boite alerte de Mimi, destinée à recueillir des missives lascives à l’occasion d’E.R.O.S. « En ce qui concerne la boîte verte dont Mimi a eu la si heureuse idée et établi la maquette, je suppose qu’aucun obstacle n’a surgi au sujet de sa réalisation » écrit André Breton dans une lettre adressée au couple.
L’exposition « Jean Benoît - Mimi Parent » témoigne de la force créative de ces deux artistes pour qui l’art et la vie se confondent et se répondent, à travers la peinture, le dessin, la sculpture, l’installation mais aussi la performance. Au-delà de l’histoire de ce couple, c’est aussi une part de celle du Surréalisme qui s’expose sur les murs de l’espace Berggruen pendant deux mois.
(Extrait du communiqué de presse)
Voir aussi dans ce blog l’article Les surréalistes et le cinéma (1)





















