2 films de José Varéla en DVD en 2013
Tourné en juin 1968 à Paris, Money Money (second long métrage du cinéaste français José Varéla, après Mamaïa) connaîtra, lors de sa sortie en 1969, un véritable échec commercial. Cette comédie satirique plutôt amère (mais non dénuée d’humour) sur la société de consommation et le pouvoir de l’argent ne pouvait alors satisfaire ni le grand public ni une jeunesse avide de fuite vers un ailleurs (le film ne contient aucun mot d’ordre, n’envisage aucun Eldorado possible). Varéla ne nous embarque pas pour Katmandou ou le Maroc, loin du Vieux Monde. Au contraire il nous met le nez dedans. Le fric y est roi. Varéla médite sur cette royauté (ce sésame censé ouvrir toutes les portes) qui, au final, se montrera telle qu’elle est : avilissante et destructrice. Drogué par les facilités de l’argent, le personnage principal (interprété par Jacques Charrier), héros aux chèques sans provision, n’a d’autre choix que de dépenser, de jouir plus vite que les banques et la police à ses trousses, de galoper comme un dératé - foutu d’avance - avant de tomber à bout de souffle.
Extrait : Dans une scène du film, le personnage principal retrouve un ami (interprété par René Biaggi). Ensemble, ils essayent de monter une combine pour gagner rapidement et facilement de l’argent.
René Biaggi : “… J’ai une idée qui est pas mal. Je l’ai travaillée cette nuit. C’est le costume publicitaire… Des costumes ou des chemises, avec des publicités dessus. Tu aurais par exemple, une veste avec une télé dans le dos… ou bien avec un paquet… (il montre un paquet de lessive GÉNIE) Tu vois ?… Imagine qu’on nous donne 2 francs par chemise vendue. Si on vend 1000 chemises par jour, ce qui est très peu par rapport à 50 millions de français… Cela fait 2000 francs par jour. Cela, c’est au cas où on vendrait les chemises au même prix qui si elles étaient sans la publicité. Tu comprends ?
Jacques Charrier : Oui.
René Biaggi : L’astuce sera de les vendre un peu plus cher. Comme ça les gens diront que c’est un luxe d’avoir des chemises avec de la publicité.
Jacques Charrier : Si on se fait 2000 francs par jour avec les chemises, il y a aussi les slips, les caleçons et tout le reste… Génial ! C’est génial ton truc !… J’ai déjà une idée. Pour les chemises tu vas contacter Boussac. Ca c’est le grand fric mon vieux ! (…)
Imaginer que l’individu se transforme en support publicitaire, devait renvoyer en 1968 à l’image peu enviable de l’homme-sandwich et le spectateur devait finalement prendre tout ceci à la blague. Aujourd’hui cette expression nouvelle de la servitude volontaire est devenue une réalité planétaire.
2ème film : Mamaïa (suite)
Money Money
Film français de José Varéla
35mm couleur – 90’
Festival International de Cannes 1969 (section parallèle) – Festival International de Locarno.
Synopsis : Raoul, modeste employé, et sa jeune femme Marlène ont des goûts de luxe et recourent à de multiples stratégies pour satisfaire leurs désirs : achats à crédit, chèques sans provision et autres combines spéculatives. Leur frénésie dispendieuse et leur superbe Camaro (qui a remplacé leur ancienne R8), vont rapidement les conduire à leur perte.
Avec : Jacques Charrier, Adriana Bogdan, René Biaggi, Pascal Aubier, Michel Bizot, Michel Portal, Valérie Lagrange…
Musique : Michel Portal / Costumes : Paco Rabanne / Production : Stéphan Films
Mamaïa
Film français de José Varéla (1966)
35 mm couleur - 88′
Grand Prix du Festival International de Hyères (1967)
Synopsis : A Bucarest, une jeune femme est réveillée par son fiancé. C’est le jour de leur mariage. Sur le chemin de la mairie, elle manifeste le désir de faire un tour à Mamaïa, une plage des environs. Là, à la terrasse d’un café, elle rencontre un groupe de chanteurs français, “Les Jets”, en tournée dans la région avec leur chauffeur Balthazar (Jean-Pierre Kalfon). Ensemble, ils chantent des chansons, se racontent des histoires, dansent dans une boîte à la mode… Une histoire se noue entre Balthazar et la jeune roumaine. Pendant la soirée, un peu bourré, Balthazar monte sur scène pour un set d’anthologie.
Un film invisible et inédit à la TV.
Avec : Jean-Pierre Kalfon, Adriana Bogdan, Pascal Aubier, Les Jets : Gilbert Einaudi, Claude Ayrandjian (dit Armic), Christian Bertocchi, Henri Boutin
Musique : Les Jets (4 titres) , Michel Portal
Sortie du DVD : 2013


















