Tourné entre Paris, le Jura et les montagnes de Haute-Engadine, Le Dernier des immobiles de Nicola Sornaga est disponible en DVD chez nos voisins suisses via AV Distribution.
Synopsis : Nico, un jeune joueur de yukulélé, décide de faire un film sur Matthieu, un grand poète qui lit L’Équipe en fumant des havanes. Très vite le projet tombe à l’eau et ce qui devait être un simple documentaire tourne à l’épopée burlesque.
Récompenses : Sélection à la 60ème Mostra Internationale du film de Venise.
Prix Léo Scheer au 18ème Festival International de Belfort.
Prix Spécial du Jury du Festival International Cinemajove de Valence.
Avec :Matthieu Messagier, Nicola Sornaga, Dinara Droukarova, Michel Bulteau, Pierre Péchin…
“Un vrai film surréaliste entre L’Age d’or et Notre-Dame des Turcs” - André S. Labarthe
“Un film pour l’immense minorité” - Nanni Moretti
Commentaire du réalisateur
” A l’origine le film devait être un documentaire sur un poète immobile qui pour voyager écrit sur des papiers d’hôtels du monde entier. Très tôt j’ai eu le sentiment que le film devait à tout prix sortir de lui-même. La vérité c’est qu’après le tournage de la première saison du film , je me réveillais la nuit en criant « Benny Hill ! Benny Hill ! » ce qui avait le don d’agacer ma petite amie.
La conséquence à été un virage à 180° de l’autre côté du miroir. Le film, dont la vocation était pour reprendre l’expression du producteur de « n’être pas », est devenu progressivement l’histoire d’un documentaire impossible , à la poursuite des 4 saisons infernales, qui s’affranchit de lui-même pour être, et finit littéralement par se faire dévorer par son propos : la poésie anonyme et gratuite (mais qui selon moi devrait être cotée en bourse).
Le film prend la forme d’une enquête , voyage initiatique où les personnages secondaires, les lieux, les rapports improbables deviennent peu à peu le centre de tout. Au final c’est une ode à la liberté, l’état poétique le plus partagé du monde, une ode à ces petits moments d’éternité immédiate arrachés au plomb du quotidien. L’unique solution était le burlesque, c’est à dire ce sentiment de sublime et de ridicule, pour aller le cœur léger . Voilà la raison de l’ironie parfois tragiquement immobile et silencieuse.
Matthieu Messagier (qui joue le rôle du poète) est un grand acteur pour moi, à la croisée de Marlon Brando et W.C Fields sur un fauteuil électrique, un handicapé au sommet de sa forme, l’équivalent de Bouddha avec une moustache de poisson-chat. Nous avons un rapport fraternel. Pour la scène du petit bateau ivre à la fin nous avons réellement failli mourir, l’hiver en petite Sibérie par - 25°, sauf moi qui suis un lâche et ai refusé de monter à bord pour des raisons évidentes de sécurité. Mon apragmatisme notoire a failli nous coûter très cher. Les autres personnages excentriques du film sont tous des poètes cultes involontaires de l’underground parisien et provincial. Ils ne sont pour la plupart ni l’ami ni l’ennemi d’Eddy Barclay “.




















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