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“Monsieur Morimoto” sur la Croisette

Le long métrage « Monsieur Morimoto » réalisé par Nicola Sornaga a été sélectionné pour participer au festival de Cannes (Quinzaine des Réalisateurs).

Un film de Nicola Sornaga

Scénario : Salvatore Sansone & Nicola Sornaga

Avec : Morimoto Kenishi, Eve Gollac, Vicky de Saint Hermine, Lola Gonzales, André S. Labarthe…

Monsieur Morimoto est un japonais exilé à Paris depuis l’âge de la retraite. Il est venu réaliser son rêve de toujours, mener la vie d’un peintre bohème parnassien. Un beau jour, ce clochard céleste qui n’a jamais réussi à apprendre la langue de Molière, se retrouve à la rue avec son dernier tableau, qu’il perd en cours de route. Il erre dans Belleville comme un chat perdu à la recherche de son tableau et croise des êtres à la dérive, “rêveurs définitifs” qui comme lui poursuivent l’amour sans relâche.

Initialement produit en 2007 par Choses Vues et Tricycle pour accompagner l’édition DVD du film « Le Dernier des immobiles » de Nicola Sornaga et intitulé « fragments pour un film à venir - Monsieur Morimoto », le film a été ensuite développé et produit par la société Tricycle, Les Productions du sommeil, Chaya films et Les Films de la Jetée.

Critique ARTE

Critique ARTE

Le Dernier des immobiles

de Nicola Sornaga

(France, 2003, 1h45)

Avec Matthieu Messagier, Nicola Sornaga, Dinara Drukarova, Michel Bulteau, Jacques Ferry, Thierry Beauchamp

Section Nuevo Territori à la Mostra de Venise, 2003, Prix Léo Scheer au Festival International de Belfort 2003, Prix Spécial du Jury, festival International Cinemajove de Valencia (esp.), 2004

Synopsis : Nicola, jeune réalisateur, entraîne une équipe de cinéma amateur à la rencontre de Matthieu, un poète immobile qui vit dans un ancien moulin et se déplace en fauteuil électrique. Au fil du temps et des rendez-vous manqués avec les saisons, il prend conscience de l’impossibilité à terminer son projet, le film lui échappe de plus en plus. Il se laisse alors progressivement emporter par une quête de l’illumination burlesque et poétique.

Critique : ” Le Dernier des immobiles ” appartient aux très rares films qu’on adore pour leurs failles assumées, pour leur ” étrangeté familière “, en somme parce que, de toute évidence, c’est un ” film-ami “. Car rendre les imperfections touchantes constitue en soi un exploit. Il est si difficile de donner de l’humanité à une œuvre, de la rendre cohérente au point qu’elle possède au bout du processus de création sa personnalité propre. De la première à la dernière minute, ” Le Dernier des immobiles ” est habité.

Dans tous les sens du terme. Les personnages, les gens le traversent, le peuplent, envahissent l’espace filmique et très rapidement avec ce calme bienheureux qu’ont les vieux amis qui se retrouvent enfin, ils s’installent au cœur des choses pour boire un bon verre de vin et discuter beauté et poésie de façon décousue mais tellement jouissive. Nicola Sornaga se met lui-même en scène, dans le rôle du jeune réalisateur dépassé par son tournage, par les saisons, les dérapages, le passé et pour finir dépassé et rattrapé avec bonheur par la Poésie qui flotte, déesse bienveillante, au-dessus du film et de ses adorateurs. Le cinéaste fait preuve d’une auto-dérision salvatrice.

Il crée des situations où tout se dérègle et en définitive, il parvient à trouver une certaine beauté dans le déséquilibre grâce à d’un humour absurde qui rappelle le ” non-sense ” anglais. Dada n’est jamais très loin. Vive Dada ! Dans le désordre, les excentriques se croisent et se décroisent : un poète-cycliste qui fuit un journaliste, une conférence sur les dents d’Antonin Artaud, des chasseurs de rhododendrons suisses, un pygmée boulanger, un batteur trash-metal en plein bœuf sur des bœufs, un pique-nique punk avec tarte à la rhubarbe. Le Pays de Trelles, imaginaire ou pas, n’a jamais été aussi beau et le Petit Pré caché au regard du monde garde un parfum d’enfance et d’innocence qui caresse jusqu’aux larmes.

Au centre de ce bric-à-brac réjouissant, tel un sorcier généreux, ” un Boudha avec une moustache de poisson chat ” comme l’appelle affectueusement Nicola Sornaga, se trouve le poète et écrivain Matthieu Messagier qui nous apprend avec une douceur empreinte d’un mystère sans pareil qu’Yvonne de Carlo est une actrice cosmique et que les seuls voyages qui vaillent sont ceux que l’on fait en soi. De son fauteuil électrique, il tient l’univers entier dans sa main, sous sa plume, l’aime d’un regard, d’une vision infinie.

Delphine Valloire

jaquette DVD le dernier des immobiles
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